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Réponse à certains propos de Jean Batou relatifs aux jetons de présence des élu-e-s au Conseil municipal de la Ville de Genève

jeudi 2 mai 2019

Bien que ne souhaitant pas aggraver davantage les choses par une polémique publique – raison pour laquelle nous sommes plus d’une fois restés silencieux alors que nous aurions eu toutes les raisons de dénoncer publiquement certains agissements – le Parti du Travail ne peut rester silencieux face aux propos tenus par Jean Batou dans la Tribune de Genève d’aujourd’hui.

Les justifications avancées par M. Batou concernant la décision, prise à titre unilatéral par solidaritéS, de bloquer les jetons de présence des conseillères municipales du Parti du Travail, Hélène Ecuyer et Annick Ecuyer, sont d’une mauvaise foi consternante. Ce serait, paraît-il, pour « ouvrir une discussion » sur les jetons de présence de quatre élu-e-s qui furent de solidaritéS, et qui sont membres du Parti du Travail depuis le 15 octobre 2018. Pour ce qui nous concerne, nous ne pouvons en aucun cas considérer comme une forme de « discussion » la séquestration de jetons de présence d’élues du Parti du Travail, de façon purement arbitraire et à but de chantage avoué, et refusons de « discuter » de quoi que ce soit dans de telles conditions. Les quatre élu-e-s susmentionnés ont rejoint le Parti du Travail pour des raisons qui n’ont strictement rien à voir avec du « tourisme politique », mais dans des circonstances que M. Batou connaît fort bien, et qui ne sont guère à l’honneur de son organisation. C’est dans ces circonstances-là, à une époque où ils étaient encore membres de solidaritéS, qu’ils ont décidé de ne plus reverser leurs jetons de présence à leur ancienne organisation. Le Parti du Travail n’est aucunement responsable de ces circonstances, ni ne peut être tenu pour responsable ou redevable à solidaritéS de quoi que ce soit concernant les quatre élu-e-s susmentionnés pour quoi que ce soit précédant la date du 15 octobre. Nous refusons de jouer le rôle de service d’après-vente des problèmes internes de solidaritéS. Pour ce qui vient après le 15 octobre, l’accord que nous pouvons avoir avec nos nouveaux membres nous concerne, de la même façon que nous ne posons pas de questions à solidaritéS sur leurs affaires internes.

Quoiqu’il en soit, les jetons de présence d’Hélène Ecuyer et d’Annick Ecuyer n’ont strictement aucun rapport avec toute cette histoire, et il s’agit d’une usurpation inadmissible de la part de solidaritéS que de les retenir. Nous souhaitons rappeler qu’au sens de l’arrêté du Conseil d’Etat relatif au traitement fiscal des jetons de présence versés aux conseillers municipaux, daté du 27 mai 2015, les jetons de présence sont considéré comme un revenu, soumis à l’impôt sur le revenu à 100% (seuls 10’000,- par année pouvant être défiscalisés à titre de don au parti). Il s’agit donc d’un revenu, qui à ce titre appartient à la personne dont c’est le revenu, la part reversée ensuite au parti étant juridiquement un don de l’élu à son parti ; en aucun cas solidaritéS n’a le droit de disposer de cet argent à sa guise. Dans un courrier qu’ils nous ont envoyé, solidaritéS a eu l’inélégance de menacer, à mots à peine couverts, notre conseillère municipale Annick Ecuyer de poursuites pénales pour les avoir accusés de « vol ». Pourtant, elle n’a pas tort de dénoncer le blocage de son revenu, sur lequel elle doit payer des impôts. Une procédure judiciaire est d’ailleurs envisageable pour récupérer cet argent. Quoi qu’il en soit, nous le disons clairement, il est pour nous hors de question de discuter de quoi que ce soit avec solidaritéS tant qu’ils ne nous ont pas versé tout l’argent qui nous revient de droit, jusqu’au dernier centime.

Mais, M. Batou dévoile ses cartes en avouant que pour lui, le problème n’est pas en réalité financier mais politique. Ce qui le dérange, c’est que le Parti du Travail « souhaite réaffirmer son identité », alors que solidaritéS défend « une alliance et des listes uniques, afin de créer une force rassembleuse ». Le fait est que le Parti du Travail est un Parti, et que « réaffirmer son identité » est son droit souverain le plus strict – c’est même la moindre des choses pour un parti – et n’a pour cela besoin de l’autorisation de personne, en tout cas pas de solidaritéS. En fait, ce qui dérange M. Batou, c’est que le Parti du Travail existe, et soit déterminé à continuer d’exister. Nous savons fort bien qu’il rêve de nous voir disparaître depuis fort longtemps, et n’a sans doute toujours pas avalé le fait que nous ayons refusé son appel à notre autodissolution programmée pour qu’Ensemble à Gauche devienne un seul parti (sans nul doute contrôlé par M. Batou). Beaucoup d’autres ont déjà voulu voir notre Parti disparaître, personne n’a réussi. Qu’il s’en fasse une raison. Contrairement à ce qu’il affirme, nous ne sommes pas du tout opposés à l’alliance, bien au contraire. Mais pas à n’importe quelles conditions. Puisqu’il faut bien en parler, ce qui bloque l’alliance qu’est Ensemble à Gauche c’est la volonté d’hégémonisme de solidaritéS. Ensemble à Gauche est en effet, d’après ses statuts, une alliance entre trois organisations politiques, le Parti du Travail, solidaritéS et le DAL, égales en droits, et où toute décision requiert l’unanimité des trois composantes. Cette alliance ne peut fonctionner que dans des conditions d’un minimum de confiance mutuelle, et dans le respect de la stricte souveraineté de chacun. M. Batou, qui a participé aux négociations ayant mené aux dits statuts, le sait pertinemment. Cela n’empêche pourtant pas solidaritéS d’agir comme si l’alliance leur appartenait et comme s’ils étaient en droit de décider de tout au nom de tous. Pour nous, ce n’est pas acceptable. Afin de ne pas aggraver les choses, nous avons laissé passer sans rien dire trop d’agissements de ce type. Nous ne laisserons plus rien passer désormais.

M. Batou dit s’inquiéter que ce « conflit interne, secondaire » nous amène à prendre la mauvaise décision de partir sur une liste séparée. Pour nous, ce conflit n’a rien de secondaire, puisqu’il remet en cause le minimum du minimum de confiance mutuelle qui est requise pour simplement pouvoir travailler ensemble avec un partenaire. Et nous ne sommes certainement pas désireux d’aller jusqu’à la rupture. Pour l’instant, c’est solidaritéS qui bloque la constitution de listes sous-apparentées aux fédérales ou communes aux municipales – en créant le danger de listes séparées – en insistant sur leur lubie de « règle des deux ans », qui n’a aucune existence. Qu’ils sachent que nous n’accepterons en aucun cas une « règle » sortie de leur chapeau parce que cela les arrange. De fait, c’est l’hégémonisme et les méthodes inqualifiables des dirigeants de solidaritéS – le propre comportement de M. Batou – qui sont les seuls facteurs qui nous poussent à la perspective de la rupture, bien que nous souhaiterions par dessus tout l’éviter. Nous appelons à ce qu’Ensemble à Gauche retrouve un fonctionnement normal, mais cela ne peut se faire avant que tout l’argent qui nous est dû, et qui est indûment séquestré par solidaritéS, nous soit versé, et uniquement dans le strict respect de la souveraineté de chacune des composantes.

Pour le Parti du Travail

Alexander Eniline

Président

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