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« Nous proposons une véritable alternative politique »

jeudi 29 septembre 2011

En inscrivant le thème de la crise structurelle du capitalisme dans sa campagne électorale, le Parti du Travail veut augmenter l’audience des idées socialistes, explique Alexander Eniline, secrétaire politique du parti.

Quels sont les objectifs du Parti du Travail pour les élections fédérales du 23 octobre 201 ? Alexander Eniline : Notre objectif principal pour les élections fédérales est d’être présent politiquement, dans la rue et dans les médias, durant le temps de la campagne. Certes, il est vrai que nous n’avons que des chances minimes d’obtenir un siège. Nous espérons tout de même améliorer nettement notre score de 2007. Mais pour nous, il n’y a pas que les sièges et les résultats électoraux qui comptent. Le Parti du Travail voit sa raison d’être dans son combat politique, dans la lutte de classe pour la défense des intérêts de tous ceux que le capitalisme opprime et pour la construction d’une société nouvelle, socialiste. Faire campagne sous notre nom et avec nos couleurs est une excellente occasion de diffuser nos idées et de retrouver l’audience populaire qui doit être la nôtre. En ce sens l’objectif fondamental de ces élections fédérales est de renforcer l’outil indispensable pour la défense des intérêts des classes populaires qu’est le PdT.

Quels seront les axes forts de votre campagne pour ces élections ? Notre campagne aura pour thème fondamental la crise structurelle du capitalisme et les solutions pour y remédier. Depuis 2008, le néolibéralisme est totalement discrédité. De plus en plus de gens s’interrogent sur le système capitaliste et deviennent nettement critiques à son égard. Beaucoup commencent à se rendre compte que la mondialisation capitaliste est une impasse et qu’un autre système devient de plus en plus urgent pour garantir un minimum de justice sociale ou même simplement pour que notre espèce survive. Notre but est d’apporter des réponses à ces questionnements, de convaincre la population qu’une société socialiste est à la fois possible et nécessaire, qu’il est possible et nécessaire de remplacer les logiques de profit par des logiques de régulation, qu’il est possible de remplacer le marché par la planification comme régulateur des activités humaines. Si nous réussissons à augmenter l’audience des idées communistes, alors nous aurons brillamment réussi notre campagne !

La gauche du PS part en rangs dispersés pour le scrutin ? Est-ce que cela vous inspire du regret ? Nous regrettons surtout d’en être arrivés à une situation où plus aucune alliance n’était possible et où nous n’avons pas eu d’autre choix que de partir seuls. Il est en particulier dommage que quelques mois à peine après le relatif succès d’Ensemble à Gauche aux élections municipales, solidaritéS ait décidé d’enterrer cette alliance en la rendant invivable pour satisfaire sa volonté d’hégémonie. Reste toutefois qu’il serait tout aussi erroné de tomber dans le piège de faire des forces à la gauche du PS un ensemble plus au moins homogène et qui donc devraient rechercher l’unité à tout prix. Car ces forces sont fondamentalement différentes et n’ont ni les mêmes objectifs politiques, ni les mêmes fondements idéologiques, ni la même base sociale. L’unité pour l’unité, sans réelle base politique commune et au prix du passage sous silence des divergences politiques fondamentales se révèle même, l’histoire récente l’a montré, fragile et finalement contre-productive. L’objectif stratégique du PdT n’est toutefois pas le repli sectaire, mais la construction d’un front populaire large, construit dans et pour la lutte politique, et non bricolé sur la base de calculs électoralistes.

Comment comptez-vous combattre l’UDC, annoncée comme grand vainqueur des élections nationales ? Et à Genève, comment pensez-vous retrouver l’électorat populaire qui se tourne de plus en plus vers le MCG ? Les partis d’extrême droite, comme l’UDC et le MCG, sont forts à cause de la crise globale de la société capitaliste, qui la rend instable et contestée par les classes populaires. Pour la bourgeoisie, cela crée la nécessité de disposer de solutions de rechange à la démocratie libérale si jamais la contestation devenait trop forte. Mais si ces partis sont si forts, c’est parce que la voix du PdT est devenue trop peu audible. Notre faiblesse permet aux démagogues d’extrême droite de se faire passer pour des défenseurs des classes populaires, de parler des vrais problèmes, comme le chômage et la détérioration des conditions de vie, mais d’y proposer des réponses illusoires. La tâche fondamentale qui s’impose au PdT est de montrer que si ces partis dénoncent parfois justement les ravages provoqués par le capitalisme libéral, leur politique sociale et économique, elle, est strictement libérale et objectivement la même que celle de la droite dite modérée ; alors que nous, nous ne faisons pas de la simple démagogie gratuite, mais proposons une réelle alternative politique.

En comparaison européenne, la situation économique de la Suisse est plutôt bonne. Pourquoi faudrait-il du changement comme vous le préconisez ? Mais ça dépend pour qui ! Les indicateurs économiques sont sans doute meilleurs qu’en comparaison européenne, mais ce ne sont que des chiffres abstraits qui reflètent très imparfaitement la réalité. En fait, la situation est surtout bonne pour une toute petite minorité de très riches, qui croulent sous des fortunes insolentes. Mais, parallèlement, un million de personnes aujourd’hui en Suisse vivent sous le seuil de pauvreté et 400’000 travailleurs gagnent moins de 22 francs de l’heure ! La Confédération a sauvé les banques à coup de milliards et ne trouve pas des sommes nettement plus modestes à consacrer aux prestations sociales ! Les injustices sociales sont absolument criantes et c’est une raison qui suffirait seule à vouloir changer cette société. Il faut aussi rappeler que le modèle capitaliste suisse, fondé sur le secteur bancaire et la spéculation, est profondément instable et fondamentalement dépendant du monde extérieur. Il sera touché de plein fouet par la crise économique dans l’Union européenne, qui est inévitable à assez court terme.

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