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Communiqué de presse : résultat des votations du 10.02.19

dimanche 10 février 2019

Aujourd’hui, le peuple s’est prononcé sur les deux initiatives que le Parti du Travail avait lancé et déposé avec ses seules forces, l’initiative pour le remboursement des soins dentaires et celle pour une caisse maladie publique, déposées avec respectivement 18’000 et 14’000 signatures ; l’aboutissement de plus de trois ans d’un combat intense. Nous sommes déçus bien sûr que nos initiatives n’aient pas été acceptées. Il n’en demeure pas moins que c’est près de 45% des votants que nous avons réussi à convaincre, avec des moyens infimes comparés à ceux de nos adversaires, et des soutiens limités, ce qui est somme toute un résultat pas négligeable ; ce d’autant que nos deux initiatives ont été majoritaires acceptées dans les circonscriptions populaires. Ce sont hélas deux occasions perdues d’un progrès social indispensable. Nous souhaiterions aussi souligner que, si nos adversaires ont dit partager certains de nos constats, ils se sont contentés de dire que nos solutions n’étaient pas les bonnes, qu’il en faudrait d’autres, sans rien proposer du tout. Notre Parti, malgré ses moyens modestes, a été le seul à porter deux solutions réalistes et socialement justes à un problème majeur. Nous invitons la population à en tirer les conséquences qui s’imposent. Quant à nous, nous continuerons notre combat avec détermination, pour les intérêts légitimes des classes populaires, pour le progrès social.

Remboursement des soins dentaires

Il est profondément regrettable qu’une mesure juste, répondant à une véritable urgence sociale, n’est pas été acceptée. Le problème auquel nous voulions apporter une solution, l’inaccessibilité des soins dentaires pour des raisons financières pour une partie importante de la population, lui, demeure entier. Malheureusement, nous avons dû faire face à une campagne massive, avec des moyens très nettement supérieurs aux nôtres, de nos adversaires, mêlant l’appel à l’égoïsme le plus primaire et des fake news flagrantes. L’association des médecins dentistes en particulier a mis les gros moyens, et une bonne dose de mauvaise foi, pour défendre ses intérêts financiers les plus étroits, au détriment de celui de leurs patients. L’égoïsme corporatiste a hélas triomphé sur une revendication de justice sociale. Ils ne doivent pas s’étonner si de plus en plus de gens iront se faire soigner les dents à l’étranger du fait de leurs prix prohibitifs. Nous constatons aussi que nos adversaires ont critiqué notre projet, tout en prétendant être conscients du problème...sans rien proposer du tout, si ce n’est le maintien du statu quo. Il n’y a aucune raison d’attendre quoi que ce soit d’eux. Au moins, il est clair qui défend les gens modestes, et qui ne défend que les privilèges de quelques uns.

Caisse maladie publique

Bien qu’elle n’aurait pas constitué une solution miracle, une caisse maladie publique telle que nous la proposions aurait été au moins une solution immédiatement applicable pour traiter le grave problème qu’est le système de la LAMAL, qui devient de plus en plus insoutenable, des primes qui atteignent des montants scandaleux, et ruineux pour de plus en plus de gens, des abus flagrants des caisses privées. Et, maintenant que l’on sait que les initiatives pour la liberté d’organisation des cantons et pour un parlement indépendant des caisses maladie ne seront pas déposées, faute d’un nombre de signatures suffisant, notre initiative était la seule solution en lice actuellement. Il faudra du temps désormais pour qu’une nouvelle solution émerge. Autant de temps de perdu, pour un problème qui restera entier, et qu’il faudrait pourtant traiter d’urgence.

Nous constatons qu’aucun groupe présent au Grand Conseil n’a soutenu notre initiative, et que seuls quelques petits partis se sont prononcé en sa faveur, ainsi que les syndicats et plusieurs associations. Cela n’a pas empêché que l’initiative pour une caisse maladie publique a fait un score presque équivalent à celle pour le remboursement des soins dentaires. Il y a une évidence déconnexion entre l’élite politique de ce canton et une bonne moitié de sa population, et ses problèmes vitalement urgents. Les partis qui ont combattu notre initiative, ou ne l’ont pas soutenu, ont objectivement soutenu les caisses privées, et portent une lourde responsabilité dans la poursuite d’une situation insoutenable pour les classes populaires. Nous constatons aussi que, si presque personne n’a défendu publiquement le système actuel, et que nos opposants ont pratiquement tous reconnu la réalité du problème que nous avons soulevé, de solution alternative à la nôtre, il n’en ont proposé aucune, si ce n’est d’attendre que quelque chose se fasse au niveau fédéral, position passive qui n’engage à rien et qui équivaut en pratique au statu quo, à un soutien aux caisses privée et à leurs abus flagrants. Or, nous l’avons constaté au contact de la population, la colère populaire contre les caisses privées, l’exigence d’un système plus transparent et social, est réel et massif. Le statu quo n’est pas tenable, et il est urgent d’en finir avec le système de la LAMAL et ses caisses privées. Les gens ne doivent pas oublier qui sont ceux qui ont lutté pour réellement faire quelque chose, et qui s’est opposé à tout changement réel, ce contentant d’une démagogie qui n’engage à rien.

Loi sur la Laïcité de l’Etat

Le Parti du Travail s’était opposé à la loi sur la laïcité de l’Etat, qui a une portée discriminatoire à l’encontre de travailleuses, et qui apporte une fausse solution à un problème inexistant. Nous regrettons son adoptions, moins nette que ce à quoi on aurait pu s’attendre, et continuerons à lutter pour le respect des droits fondamentaux de toutes et tous.

Stop Mitage

Le Parti du Travail avait soutenu l’initiative des Jeunes Verts contre le mitage, qui aurait apporté une solution réelle à un problème d’aménagement du territoire et écologique majeur. Nous regrettons son refus. Nous pouvons constater que des partis qui prétendent se soucier d’écologie en période de campagne électorale ont pourtant combattu une mesure réelle qui allait en ce sens. A l’heure où le changement climatique menace à un terme plus court que l’on ne croit la survie même de notre espèce, et que des mesures fortes sont urgentes, et sachant que le secteur de l’agro-alimentaire intensif contribue à près de 50% des émissions des gaz à effet de serre, il est vital de préserver les terres agricoles, pour une agriculture locale et respectueuse de l’environnement.

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